Poursuite


S'accrocher, tenir, avancer toujours, essayer de rattraper l'écart, le réduire, le retard. Entre l'être et le paraître. Une poursuite entamée, avec soi-même... Réduire le fossé, savoir se dire, pour ne pas se noyer dans la douve. Si l'écart est trop grand, il devient impossible à franchir. Et si je ne peux me dire, m'exprimer...
Pression montante.
Cocotte-minute.


Poursuite, n.f.
Action de courir après une personne, un animal.
Fig. Soin mis à obtenir quelque chose : s'obstiner à la poursuite d'un emploi.
Dr. Procédure mise en oeuvre par un plaideur (un fabriquant de plaids) qui veut se faire rendre justice, ou par le ministère public en vue de faire punir l'auteur d'une infraction pénale: entamer des poursuites contre un débiteur. ( Débiter du bois est une infraction pénale)
Sports. Course dans laquelle des coureurs, placés sur la piste à des points diamétralement opposés cherchent à se rejoindre.

Sans le spectacle, la poursuite est une lumière qui suit l'acteur, le pointe, le sépare, comme au centre d'une mire.


Vais-je poursuivre moi, l'erreur, tombant très lentement, comme Alice au pays des merveilles, dans la poubelle de mon ordinateur, ô miroir, pour aller récupérer quelques photos malencontreusement jetées, des photos du début de ce commando, perdues en un clic ? Boum. Aucune trace.
Allez, j'essaye. Pour le commando. Et le souvenir de quelques photos jolies, sur la place. C'est là que je trouve la force d'aller creuser. Rattraper l'image. Rattraper.
Poursuite...



Faut s'accrocher si des fois on veut décrocher...

les rongeurs d'étoiles ont les pouvoir d'un prince

samedi 6 novembre 2010


Et si dans nos têtes, les choses se passaient ainsi.
Un monde intérieur, habité par des silhouettes sans visages, sombres,
déplaçant les lettres à chaque convocation de mots.

futur voilé

mercredi 3 novembre
Je pose des bandeaux sur les visages des enfants. Bandeaux rouges. Y'a-t-il une couleur réglementaire pour la dissimulation des yeux? Tout se coupe, se recoupe. J'ai un pan sémantique, une soirée thématique, un jour s'ouvrant, en moi. Je pense à ces yeux glanés en ville, entassés, à cette phrase d'Hamlet liée à ce projet encore un peu "tu" (je vous en parle sans pour autant vous en dire plus), Shakespeare, de mémoire, la phrase cristallisant le projet enucléant me parle ainsi... the most observed of all the observers...
Je la recherche, à la source, pour la citer, sans trahir, m'apercevoir que je l'ai modifiée. C'est Ophélie qui parle:
O, what a noble mind is here o'erthrown! The courtier's, soldier's, scholar's, eye, tongue, sword; The expectancy and rose of the fair state, The glass of fashion and the mould of form, The observed of all observers, quite, quite down!
Et en chemin j'en croise une autre qui semblerait s'accrocher au wagon de questions liées à l'exposition...
"Thus conscience does make cowards of us all; And thus the native hue of resolution Is sicklied o'er with the pale cast of thought, And enterprises of great pith and moment With this regard their currents turn awry, And lose the name of action."

J'ai fini de mettre des bandeaux rouges sur les yeux des enfants. Je vais piocher une photo prise sur la table exposée (vous ai-je dit que la table pour moi était le seul support adapté à une oeuvre en chantier, évolutive...?). La voilà. La photo d'identité. Cagoulée. L'anti-photo d'identité. Moi transformé, plaque de chocolat dans les joues, la barbe du montage d'expo, vieilles lunettes. Comment se grimer du permis?


Cagoules des identités nationales. Viser la désidentité. Nationale. Ne pas se cacher derrière un pays. La moyenne générée. La majorité. Etre ce que l'on est, apatride. Dans le temps. Présent.

Hamlet résonne encore. Dans les courants d'air de mon crâne.
Les cagoules. Etre. Dans le temps.
Appelez moi Yorick...

Settlement

Mardi 2 novembre.



La sérénité de l'installation.
Le lieu. Nu.
Poser un à un les éléments prévus.
Et voir lentement les liens se tisser.


L'oeuvre, souvent, n'est pas là où on l'attend.
Spontanéité de l'assemblage, un bout de bois à la cave, un rouleau de papier, enroulé.
Emporté dans la rapidité de l'exode, ce qui compte.
Pièce maîtresse, innocente, hermétique.
Mon travail se situe là, en ce moment.



"C'est peut-être un détail pour vous, mais pour moi ça veut dire beaucoup..."

Journal de bord. 31 octobre 2010.

Reprise de service. Service commandé.
L'opération albatros prendra comme planque la médiathèque d'armentières.
In mémoriam charles baudelaire, ancien camarade.

L'ordre de mission, intercepté par l'AFP, est désormais connu de tous.
Le meilleur moyen pour ne pas attirer l'attention était de l'annoncer publiquement
et d'ouvrir la planque aux visiteurs, en plein coeur de l'Albatros. Permettant également, lors des visites, le recrutement auprès des visiteurs montrant un engouement pour la cause. Voilà, ci-dessous, le communiqué de presse officiel.


Inutile de dire, ( si allez on le fait), inutile de dire donc que l'opération albatros est une séquelle d'une opération menée avec grande efficacité en mars 2009 en lien avec les pays de l'est: "Diction directe (berlin/moulins)".
Grâce au service de stockage en ligne des Renseignements Généreux, le dossier secret est discrètement caché ici.

Le langage, une arme entière?

"Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêche de marcher."
Opération Albatros, in mémoriam Charlot Baudelaire.

Il semblerait que les temps soient venus de réinvestir le monde. Diction directe soutiendra l'Albatros, d'armes entières. Le groupuscule tentera de réactiver la charge culturelle présente en ce lieu pour lui redonner force et apporter son message jusque dans les rues.